Absence

Objets et symboles, stylo pointe fine, 2018

Voilà, ça fait six mois que je n’ai pas écrit là-dessus. Ou presque six mois, enfin, peu importe. Je suis de retour et je vous gratifie d’un court texte sur les baignades que je faisais encore en octobre, dans la piscine à seize degrés. Maintenant il fait vraiment trop froid pour se baigner dehors. Enfin, si j’avais la mer à portée de corps, pas sûre que je résisterais à me plonger dedans. Le corps devient si dur dedans et si détendu ensuite, c’est presque de l’alchimie:

La joie souveraine de se baigner dans l’eau fraîche, au début du dixième mois de l’année, au début de l’automne. Sur le rebord de la piscine des pommes, certaines en sont déjà à exposer les prémisses de leur moisissure. Rongées de l’intérieur. Le Soleil, d’une douce lumière arrose la scène. Je vois loin. Dans ce loin la forêt, couleurs chaudes : jaune, rouge, marron. Il reste encore du vert dans le feuillage des arbres, certains resteront parés tout l’hiver, mais ce ne sont pour la plupart pas des feuilles qu’ils portent. Les nuages ont toutes sortes de formes, comme toujours, ils créent et défont des maillages intéressants, accompagnés par l’air. Oiseaux sifflant de ci, de là. J’exulte, je deviens sirène, plus heureuse qu’une sirène même, car la rareté de ces bains leur confère un pouvoir particulier. Je nage et tourbillonne, mon corps est froid et dur, il est blanc, comme du marbre. Je ris seule, je ris haut et fort, seule. C’est fabuleux. Je suis là en paix, quinze minutes par jour.

Tout cela est fini, maintenant que je vis à Paris. Là, il neige, c’est déjà pas mal.

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